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Sandra Chevrier : une artiste remarquable, des OEUvres qui parlent!

Sandra Chevrier est une artiste au talent remarquable et dont la réussite est exceptionnelle depuis maintenant dix ans. Ses portraits de femmes de la série Les Cages sont empreints d’émotions qui ne laissent personne insensible, des toiles qui mettent en lumière des visages de femmes qui sont en grande partie recouverts par des scènes de bandes dessinées où l’on aperçoit Batman, Superman et plusieurs autres superhéros, à la fois représentés dans leur force et leur vulnérabilité. Native de Rosemère, Sandra a exposé notamment à New York, San Francisco, Miami, Berlin, Hong Kong, Londres et en Norvège, et son art est si apprécié que ses toiles et sérigraphies s’envolent en l’espace de quelques secondes lorsqu’elles sont mises en vente. Un succès monstre. Elle est aujourd’hui sans l’ombre d’un doute l’artiste-peintre québécoise de sa génération la plus reconnue et la plus populaire dans le monde.

Texte: Daniel Daignault

Une partie de son succès est née d’une idée brillante qui a germé dans sa tête, un jour, alors qu’elle voulait simplement ajouter un élément de décoration dans la chambre de son fils.

« C’est arrivé instinctivement et c’est beaucoup comme ça que j’ai fonctionné toute ma vie. C’est drôle parce que récemment, je regardais de vieilles œuvres, et j’ai réalisé que j’ai toujours caché les visages que je faisais. Même avant, je créais des masques avec des animaux, et je faisais aussi des autoportraits. L’association avec les comic books a vraiment été par accident. Le but d’avoir acheté ces livres n’était pas du tout pour faire ça, c’était pour faire un projet pour mon fils, recouvrir un bureau que j’avais acheté chez IKEA. Mais finalement, je me suis levé un matin et j’ai fait une association dans ma tête que le message pouvait être super intéressant et me permettrait de faire évoluer la série sur laquelle je travaillais qui était, dans le fond, de seulement recouvrir des visages avec de la peinture brute.

Je ne connaissais absolument rien à l’univers des comic books, mais je trouvais que l’univers du superhéros et de la force que ça représente, de l’intérêt que les gens ont aussi pour les superhéros aussi, était intéressant. Dès que j’ai commencé la série, j’ai vu que c’était vraiment au goût du jour, avec tous les films de superhéros qui voyaient le jour. Je pense que je suis arrivée en plein dans le bon temps avec cette série-là » confie-t-elle.

Sandra Chevrier possède un vaste studio à Montréal où elle s’applique à créer de nouvelles œuvres, tout en composant avec son rôle de mère et de femme d’affaires.

« Je pense que ma vie est vraiment séparée entre mon côté maman – mon fils a eu 10 ans en 2019 – et mon côté artiste qui comporte maintenant aussi un côté business. Dans ma tête, quand j’étais petite, faire de l’art, c’était seulement faire de la peinture. À un certain moment, quand ça commence à grossir, il faut composer avec le côté affaires et gérer ces deux aspects.

Un autre projet pour Sandra ChevrierL en mars, au Texas, elle fera une murale en collaboration avec l’artiste renommé Shepard Fairey. Photo: Daniel Daignault

Il demeure que tu as décidé de te jeter à l’eau après la naissance de ton fils?

Ça fait dix ans, je ne suis pas retournée sur le marché du travail. Au début de ma grossesse, je m’étais dit que j’allais prendre le risque d’essayer de faire ça à temps plein. Avoir un enfant et avoir un travail, ça ne m’aurait pas donné le temps pour m’adonner à ma passion qui était l’art, et je n’aurais pas voulu être quelqu’un de frustré de ne pas être allé au bout de mes passions. Je l’ai fait et j’ai été super chanceuse que ça fonctionne bien. En l’espace de deux, trois ans, ma carrière internationale était lancée. C’était un risque, je ne pense pas que j’en serais là si mon fils n’avait pas été là. Je ne prendrais peut-être pas ça autant au sérieux.

Dix ans plus tard, tu es étonnée par le succès que tu connais?

C’est sûr que j’essaie de relativiser tout ce qui se passe, de rester vraiment terre à terre, mais il y a des choses assez incroyables qui me sont arrivées au cours des dernières années. Et c’est toujours une grande surprise pour moi. Dans ma tête, je fais encore de la peinture seulement parce que j’aime ça, ce n’est pas nécessairement pour plaire à un public. C’est sur que c’est incroyable de voir la réponse des gens : quand je sors des prints, ça part en trois, quatre secondes, par centaines, et j’ai tout le temps de super bons commentaires. Il y a aussi des collectionneurs qui ont des œuvres qui valent des centaines de milliers de dollars, même des millions de dollars, et qui décident d’acheter, de mettre dans leur collection un Sandra Chevrier. Pour moi, je suis encore la petite fille de Rosemère, et je fais encore des dessins dans mon agenda comme je le faisais quand j’étais aux études secondaires. C’est drôle d’avoir toutes ces surprises-là, d’avoir la chance aussi de me faire inviter à faire de gros projets. En 2018, la directrice du Urban Nation Museum à Berlin, Yasha Young, m’a demandé de faire tout le tour du stade olympique avec mes oeuvres. J’avais une installation de deux cents mètres, c’était énorme, c’était complètement fou de participer à un projet comme celui-là.

Le travail de Sandra Chevrier, exposé au stade olympique de Berlin. Photo: Nika Kramer @nikakramer

Comme en 2018, quand j’ai eu ma première exposition en solo dans un musée (MOAH, Museum of Art & History en Californie, du 21 octobre au 30 décembre 2018). Le fait de passer à exposer en galerie à exposer en musée, ce sont tes pairs qui reconnaissent ton travail. Je me permets parfois de rêver et quand je vois que mes rêves sont atteints, pour moi ça ne fait pas de sens, mais en même temps, ça me pousse à toujours travailler plus fort, à rêver plus loin et d’essayer d’atteindre de nouveaux paliers. De ne pas juste m’arrêter à vouloir juste peindre. Après dix ans, j’ai aujourd’hui la chance d’avoir plus de liberté dans ma création. Quand tu fais des sous, tu peux le réinvestir dans ton travail et faire des projets plus intéressants. Dans les dernières années, mes œuvres ont beaucoup évolué, et j’ai pu explorer aussi. Je travaille dans le même thème, parce que c’est un thème qui est encore très important et très actuel, en fait, et ça me permet de faire évoluer cette série-là en travaillant avec la sculpture, le bronze, le bois, le métal.


Peindre une toile de format moyen représente entre soixante et quatre-vingt heures de travail pour Sandra Chevrier. Photo: Daniel Daignault

Nous nous sommes rencontré Sandra et moi, il y a cinq ans, à l’occasion d’une entrevue réalisée pour le magazine Dernière Heure. À ce moment, elle décrivait ainsi son travail. «Avec mes toiles, j’explore le côté vulnérable des superhéros et la pression sociale imposée aux femmes, à qui l’on demande toujours de performer et d’arriver à tout faire. Des masques que plusieurs revêtent au quotidien. » Des œuvres qui véhiculent diverses émotions et qui représentent une somme colossale de travail.

Quand on regarde tes toiles, on se demande si c’est uniquement de la peinture, où si c’est une technique mixte qui allie la peinture et le collage. Qu’en est-il exactement?

Encore aujourd’hui, il y a plein de gens qui pensent encore que je fais du collage. En fait, j’avais commencé en faisant du collage parce que c’étaient des études que je faisais, pour éventuellement tout peindre à la main. J’ai continué avec le collage parce que le succès est arrivé du jour au lendemain. Les gens tripaient sur le Mix Média et moi, comme je n’avais jamais fait ça, je me suis dit que j’allais explorer ça un peu. Mais à un certain moment, il y a peut-être quatre ans, je ne me reconnaissais pas dans le collage, je ne me trouvais pas authentique parce que je suis peintre à la base. J’avais comme besoin de relever ce défi-là, de me dire que j’allais être capable de pousser cette série-là plus loin et c’est ce que j’ai fait. Maintenant, ça me prend quatre ou cinq fois plus de temps pour faire une toile, mais la satisfaction n’est pas la même. J’ai complètement changé mon processus de création aussi, je travaille maintenant avec de vrais modèles. Je fais des séances photo et je déchire des comic books pour les coller et leur faire un masque. Ça amène une certaine profondeur dans mon travail qu’il n’y avait pas. Maintenant, je peux travailler avec tous les effets de la lumière, les ombres, les profondeurs. C’est comme un nouveau défi et je suis plus fière de ce que je fais maintenant que je ne l’étais au départ.

Quel est le superhéros qui te rejoint le plus?

Tes œuvres forment un tout, mais dès le départ, on est captivé par les yeux, les regards de tes femmes.

Ce n’est pas juste les yeux, je m’en suis rendu compte en faisant des séances photo. En 2018, dix-sept filles, d’âges différents, ont répondu à un appel lancé sur les réseaux sociaux. Je n’avais jamais rencontré les filles en personne, et j’ai réalisé que tout le monde a quelque chose à raconter. Ce n’est pas seulement le regard. Tu mets juste un masque de superhéros sur quelqu’un et ça change complètement sa façon d’être. On m’a souvent fait ce commentaire, avant et après avoir fait le masque. Les filles me disaient qu’elles se sentaient vraiment plus fortes, qu’elles avaient plus confiance en elles. Je travaille avec plusieurs émotions différentes selon les masques que je crée et les différents modèles. Si la personne est à l’aise devant la caméra, il se passe quelque chose et c’est ce que je recherche.

Sandra Chevrier compose avec son travail créatif d’artiste-peintre, de femme d’affaires et, bien sûr, de mère d’un garçon de dix ans. Photo: Daniel Daignault

Tu as toujours voulu être artiste-peintre?

Quand j’étais plus jeune, j’étais vraiment perdue, je ne savais pas ce que j’allais faire dans la vie. Même que mes parents étaient un peu découragés, je n’étais pas sur le droit chemin. Que je décide d’aller au Cégep après mes études secondaires a surpris mes parents, et ce fut la même chose pour l’université. Ils étaient contents que je poursuive mes études. Je suis allée en arts parce que je ne savais pas trop ce que je voulais faire d’autre, il n’y a rien d’autre qui me motivait. Aujourd’hui, c’est drôle parce que j’essaie de penser à ce que j’aurais pu faire et il y a plein de choses qui pourraient m’intéresser, mais il reste que la peinture, c’est la meilleure option pour moi. J’ai suivi ce chemin-là parce que ça me parlait, c’était la seule avenue qui était concevable pour moi.

Tes parents doivent être fiers de voir à quel point tu es devenue une artiste très populaire?

Oui! J’ai l’impression que dans ma vie, et ça doit être la même chose pour tout le monde, j’ai comme eu plusieurs vies, plusieurs étapes différentes qui font que je ne reconnais plus la personne que j’étais il y a quinze, vingt ans. C’est la même chose pour mes parents, ils sont super fiers de voir où je suis rendue parce qu’ils avaient peur que je vire mal. Même moi, dans mon évolution en tant que personne, je suis fière de ce que je suis devenue. J’étais quelqu’un d’extrêmement gêné, réservé, et maintenant, je n’ai pas le choix de travailler avec des gens tous les jours. Même si je suis toute seule dans mon atelier, il faut que je communique avec entre autres les gens des galeries. Et après ça, je me retrouve dans des vernissages où il y a des centaines de personnes et je dois parler à tout le monde.

Par la force des choses, tu es devenue une personnalité publique?

Je n’espérais pas ça. Je me fais parfois demander de faire des entrevues pour la télé et ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. Je ne veux pas me mettre de l’avant. Pour moi, mon art est ce qu’il y a d’important, mais je peux comprendre que je ne peux pas rester cachée dans mon trou. Je trouve qu’il y a eu une belle évolution de ce côté et je suis contente que la vie m’ait offert le chemin sur lequel je suis en ce moment. On dirait parfois que les choses se font un peu toutes seules.

Toi qui étais timide, qui ne savais pas trop ce que tu allais faire dans la vie, que dirais-tu aux jeunes filles qui se cherchent et qui se posent des questions?

Je pense que parfois, on pose des gestes ou on prend des décisions parce qu’on essaie de prouver quelque chose aux autres. Ce n’était pas le cas pour moi, mais il y a peut-être des parents qui vont imposer des choix à leurs enfants. Je pense que c’est juste de s’écouter soi-même et de faire ce que l’on veut dans la vie, de ne pas vouloir faire quelque chose pour plaire à tout prix. Et de ne pas vouloir sacrifier ses rêves ou ses passions pour faire plaisir à quelqu’un. Je pense que prendre des risques et s’écouter soi-même est la meilleure chose que l’on peut faire. Dans mon cas, le risque que j’ai pris, j’ai eu la chance que ça fonctionne, mais ça aurait pu ne pas fonctionner, mais au moins, je l’aurais fait. Et après ça, j’aurais pu passer à autre chose et avoir la tête libre d’avoir au moins essayé, C’est tellement difficile au cours des dernières décennies, les jeunes se font tellement imposer une image de la perfection, et c’est un peu ce dont je parle dans mon travail. C’est très difficile d’avoir confiance en soi, et ce dès un très jeune âge. En raison de ce l’on se fait dire et imposer, par le regard de la société et le regard qu’on a envers nous-mêmes.

Photo réalisée lors de l’exposition des œuvres de Sandra Chevrier à la Mirus Gallery, à Denver.

Ton fils est un fan de ce que tu fais? Il trouve ça cool?

Oui, mais en même temps, il trouve ça normal, il a grandi avec ça. Il n’est pas impressionné par ce que je fais, c’est normal pour lui. J’apprécie beaucoup qu’il ait un regard assez critique par rapport à mon travail. Souvent, il vient au studio après l’école, alors que j’ai passé la journée à travailler et quand je lui montre une nouvelle toile, il ne dit pas seulement : « Ah, OK ». Il s’assoit et regarde les toiles, et il va vraiment me dire qu’il n’aime pas celle-ci pour telle raison, ou qu’il aime moins telle chose. Je prends aussi le temps de l’amener dans des musées et des expositions parce que même si ce n’est pas un domaine qui l’intéresse vraiment, je trouve ça important. Pour ma part, si mon père ne m’avait pas amenée dans des galeries et des musées quand j’étais petite, je n’aurais pas eu un intérêt pour l’art. J’ai choisi d’être peintre, de ne jamais dessiner à la base, mais je pense que l’art est quelque chose de très nourrissant et je trouve ça important qu’il comprenne ce que c’est.

Quels ont été les moments marquants de ta carrière?

Tu réussis sur la scène internationale, tu gagnes très bien ta vie, j’imagine qu’ils sont plusieurs à te demander quelle est la recette pour connaître un tel succès?

Ce qui est plate est qu’il n’y a pas de recette, justement, pour connaitre du succès en art. Je ne sais pas pourquoi j’ai la chance que mes choses fonctionnent parce que je regarde ce qui se fait au Québec, et il y a tellement de personnes talentueuses! C’est incroyable. On est très fructueux sur le plan créatif, que ce soit en cinéma, en danse, en arts visuels, en danse. Notre talent est reconnu à travers le monde, mais c’est très difficile au Québec d’avoir une carrière parce que c’est un marché qui est rapidement saturé. Même s’il y a beaucoup de monde qui tripe sur ton travail, il n’y a pas énormément de collectionneurs, et quand ça fait deux, trois, quatre œuvres qu’il t’achète, il n’en achètera pas quinze. C’est difficile aussi de percer ailleurs, à l’international. Ce n’est pas un milieu facile et qui est aussi très compétitif.

Est-ce qu’il y a des pays où tes œuvres sont particulièrement populaires?

Quand je regarde les statistiques, je dirais que mon marché est vraiment aux États-Unis, New York, la Californie, ainsi que Londres et la Norvège.

À travers ton rôle de mère, ton travail dans ton atelier et les voyages que tu effectues pour ton métier, as-tu un peu de temps pour toi?

C’est sûr que je passe énormément de temps dans mon atelier, surtout les semaines où je n’ai pas mon fils avec moi, j’essaie de travailler le plus possible, comme dix ou douze heures par jour. Sinon, je suis l’horaire d’école de mon fils, je travaille quand il est en classe. J’ai aussi la chance de voyager pour le travail et souvent, je me fais accompagner par un ami ou une amie.

Quelles seront les prochaines étapes dans ta carrière?

Je suis déjà bookée jusqu’en 2021 pour les expositions. Il y en a eu une à Denver (Mirus Gallery, du 18 octobre au 21 décembre 2019) et j’ai fait aussi en décembre le Scope Art Fair à Miami. En 2020, j’ai une exposition à New York et en Australie en 2021. Dans mes rêves, dans ce que j’aimerais accomplir, j’aimerais beaucoup monter un show moi-même, sans l’aide d’une galerie, et de faire un gros projet. Quelque chose qui serait plus qu’une exposition sur quatre murs blancs. Je pense à des installations, des choses interactives. Ça va demander beaucoup d’organisation, je veux monter une équipe qui va m’aider à faire des projets, et j’ai aussi l’idée de faire un livre. Il y a beaucoup de choses qui sont en attente. J’ai eu une exposition à Montréal au cours des dernières années, mais j’aimerais aussi exposer ailleurs au Canada. J’ai la possibilité de dire non à plusieurs projets, c’est quand même une liberté, et ça reste que c’est parfois difficile de faire des choix. Par exemple, l’Australie, je n’y suis jamais allée et ça fait longtemps que je souhaite m’y rendre. C’est sûr que je regarde les galeries avec lesquelles je veux travailler, mais puisque je veux voyager dans la vie, ça me donne l’opportunité de le faire.

Est-ce qu’on peut voir tes toiles dans une galerie à Montréal?

Non, et je trouve ça dommage. Je n’ai pas d’inventaire non plus, il y a beaucoup de galeries qui aimeraient exposer mes œuvres, mais en ce moment, je travaille sur une production faite pour une exposition solo, et en dehors de cela, je n’ai pas le temps de produire plus d’œuvres. C’est sûr que ce serait l’fun de laisser quelques œuvres dans différentes galeries à Montréal.

Sandra, photographiée lors de son exposition au MOAH à Lancaster, en Californie.

Il faudrait que tu te clones!

Je pourrais avoir une équipe qui travaillerait avec moi sur mes peintures, parce qu’il y a beaucoup d’artistes qui le font et je ne les juge vraiment pas, mais je ne suis pas encore à l’aise avec ça. Il reste que ce que je fais, je le fais pour moi et même si mon travail est très populaire et que je fais de l’argent avec ça, ça n’a jamais été le but. Le but est d’avoir la chance de me lever le matin et d’aller travailler à faire ce que j’aime dans la vie, et je ne veux pas que les gens fassent le travail à ma place, je veux être fière d’avoir fait le travail du début à la fin.

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